Disons-le franchement, cet attachant petit personnage, philosophe aux cent questions existentielles, est plutôt « ballot » : il comprend tout de travers, mettant nos illogismes et autres imperfections en lumière, de façon déconcertante, et nous plongeant tour à tour dans l’hilarité ou la perplexité la plus totale ! La guitare en bandoulière, une grave surdose d’immaturité et un coeur de poète rempli d’idéalisme, c’est là tout le bagage de Willy Grunch. Mais, de gag en gag, le personnage évolue et quand il rencontre Jasmine, il est victime d’un coup de foudre retentissant. Qu’importe si la première vision qu’il eut d’elle fut celle d’une fille de ferme poussant une brouette sur un tas de fumier ! Ne dit-on pas que l’amour est aveugle ? Willy découvre alors l’ivresse de l’amour, puis la trahison, la haine, puis le pardon et son univers s’élargit. Par sa bouche, l’auteur pose cent questions sur la complexité de la sexualité et de la vie en général, puis livre une réflexion qui peut sembler parfois osée :
Ces « indécrottables questions » et bien d’autres, ne sont-elles pas celles de toute une génération ? Sans contraintes, flirtant avec les frontières des « convenances", quoi de moins étonnant quand on est d’un pays qui rassemble tant de cultures différentes ? Alain Auderset a su dessiner une jeunesse qui, si elle parait blasée, est néanmoins, et réellement, en recherche d’un sens à sa vie. Son héros suisse - parfois « zonard », il faut bien l’avouer ! -, nous donne juste la clé pour ouvrir la porte d’un autre chemin : à chacun, le choix est laissé, de le longer, de s’y promener simplement, ou de l’explorer plus avant.